Il faisait beau ce samedi là ! Très beau, un vrai temps pour se promener en sous bois, sous des arbres qui déjà commençaient à perdre leurs feuilles.
L'endroit où se situe la tranchée est très cahotique. Nous sommes sous des arbres parfois très hauts, au pied de l'ancien village de FAY, qui était construit à cheval sur la plaine et sur les pentes d'un ravin assez abrupt. Surprenant dans ce plat pays ! Sans doute à l'endroit d'une ancienne "vallée sèche" dans des temps très reculés.
Un chemin, plutôt un layon s'enfonce vers l'Est entre les talus boisés ou étaient construites, pendant la guerre, sur la droite, les tranchées.
La tranchée allemande qui se visite aujourd'hui, était en bas. Les créneaux de tir dirigés vers le haut, protègent un no-man's land très pentu, encore bouleversé par les trous d'obus. Un terrain glissant sous la pluie, difficile à remonter. L'association a construit des marches, pour remonter ce raidillon et atteindre la tranchée française, en haut, beaucoup plus sommaire que la tranchée allemande. Mais c'était une question de philosophie : l'Allemand n'était pas de passage : il s'installait durablement ! Pour le Français, les tranchées ce n'était que du provisoire. Enfin c'était l'idéologie de nos généraux.
La tranchée française, qui se visite aussi, est en avancée de la première ligne. C'est un élément assez sommaire qui surplombe la tranchée allemande du bas, à moins de 100 m. Un reseau de barbelés en interdisait l'accès ... dans un sens comme dans un autre. La mitrailleuse installée dans son poste de tir, est prête à tirer, au moindre bruit dans les fils de fer, où sont accrochées des grelots, des clochettes, ou plus simplement des boites de conserve vides. Les grenades, à portée de main, sont prêtes à être lancées dans le ravin.
Ha ! J'entends nos visiteurs qui arrivent par la petite route quii relie Fay à Foucaucourt, un chemin à l'époque qui desservait la plaine et la grande ferme située presque à l'emplacement des tranchées, et dont il nesubsiste quelques rares vestiges. 